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Le récital « Madame Maurane » est le fruit d’une double passion : pour le jazz d’une part, et pour la variété française de l’autre, deux des boussoles qui auront aiguillées l’œuvre de la « voix d’or de la chanson francophone » comme le parcours de Cécile Barrouyer.

La passion de Maurane pour le jazz s’exprimera très vite à travers le chant, qu’elle privilégiera au études musicales classiques, exactement comme le fera Cécile : cette sensibilité classera finalement Maurane aux côtés de Michel Jonasz et de Claude Nougaro parmi les artistes francophones réputés habités par le jazz, les connaisseurs (Cécile Barrouyer en tête) n’ayant jamais manqué de saluer les magnifiques productions du trio HLM formé parallèlement par Maurane avec Steve Houben et Charles Loos, au sein duquel elle délaisse la « chanson » au profit du chant improvisé et du scat, dans la pure tradition jazz.

Quant à la chanson française, Maurane en aura exprimé le goût dès le début de sa carrière, encore sous le nom de Claudie Claude, à travers le spectacle « Jacques Brel en Mille Temps » grâce auquel elle se fait repérer par Pierre Barouh, qui deviendra son producteur : dès lors, celle qui se fera maintenant appeler Claude Maurane (en hommage à Francis Morane, metteur en scène de Starmania dans lequel elle reprend le rôle de Fabienne Thibeault), puis définitivement Maurane, se mettra à compter dans le paysage de la variété francophone.

Notons que Pierre Barouh n’est autre que le créateur du label Saravah (sur lequel ont émergé Jacques Higelin, Brigitte Fontaine, Richard Galliano ou Maurice Vander) et l’auteur, avec Francis Lai, de l'iconique bande originale de « Un homme et une femme » de Claude Lelouch ; quant à Jean-Claude Vannier, qui lui écrit le célèbre « Sur Un prélude de Bach », il a signé quelques-unes des plus grandes pages de l’histoire de la chanson française (arrangeur de Michel Polnareff, de Johnny Hallyday ou encore de Barbara, on lui doit aussi « Histoire de Mélody Nelson » de Serge Gainsbourg ou le « Super Nana » de Michel Jonasz, et une liste impressionnante de titres pour Gilbert Bécaud, Nino Ferrer et Claude Nougaro) : ces deux pygmalions, à eux seuls, résument la quantité de talent mobilisée autour de cette voix unique.

 

C’est à la personnalité de Maurane, et à cet ensemble d’influences, que l’on doit l’envie de Cécile Barrouyer d'avoir réuni Jeff Corallini, Thierry Massé et Patrick Bellanca, trois des accompagnateurs des grands noms de la variété française et du jazz actuels, dans cet hommage à une artiste aussi généreuse qu’inimitable en laquelle Cécile se reconnaît à plusieurs titres, à commencer par une troublante ressemblance physique : que ce soit en termes de parcours, de racines ou en matière d’engagement (Maurane ayant compté parmi les tous premiers artistes à rejoindre Sol En Si et les Restos du Cœur), tout en Cécile fait en effet écho à Maurane.

 

C’est donc avec la volonté de mettre en lumière ce parcours ayant généré des collaborations avec tout ce que la chanson française compte d’icônes, de Michel Berger à Jean-Jacques Goldman en passant par Daniel Lavoie, Lara Fabian, Marc Lavoine, Véronique Sanson, Zazie ou Michel Fugain, mais aussi de souligner l’admiratrice ayant tenu à rendre elle-même deux hommages discographiques intégraux, l’un à Claude Nougaro en 2009, l’autre à Jacques Brel en 2018 (sous forme d’un album qui paraîtra de façon posthume presque 40 ans après le spectacle grâce auquel elle avait été découverte) que Cécile Barrouyer a conçu « Madame Maurane » : un récital d’où transpire un immense respect pour l'artiste belge à la voix d’or, et un amour inconditionnel partagé pour Jacques Brel et Claude Nougaro, auxquels son quartet n’hésite pas à rendre régulièrement hommage. 

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